← Retour au blog
Sensibilisation29 juillet 20266 min de lecture

Simulation de phishing : pourquoi vos employés cliquent encore

Simulation de phishing : pourquoi vos employés cliquent encore
Points clés
  • -campagne de simulation d’hameçonnage
  • -test d’hameçonnage employés
  • -taux de clic hameçonnage
  • -sensibilisation cybersécurité PME
  • -simulation de phishing
  • -coût d'une cyberattaque
  • -simulation d’hameçonnage entreprise

Les courriels d’hameçonnage, appelé plus couramment e-mails frauduleux, sont conçus pour exploiter des situations courantes : une demande urgente, une facture en attente, un message provenant apparemment d’un fournisseur connu ou une action à effectuer rapidement. Même un employé sensibilisé peut cliquer lorsqu’il travaille sous pression, manque de temps ou reçoit un message particulièrement crédible.

Une simulation d’hameçonnage permet de reproduire ce type de scénario dans un environnement contrôlé, sans conséquence réelle pour l’entreprise. Elle aide à évaluer les réflexes des équipes, à identifier les situations qui présentent le plus de risques et à renforcer les bonnes pratiques grâce à une formation adaptée.

L’objectif n’est pas de piéger ou de sanctionner les employés, mais de leur permettre de reconnaître plus rapidement les tentatives d’hameçonnage et d’adopter les bons comportements lorsqu’un véritable courriel frauduleux se présente.

Dans cet article

  • « Mes employés sont formés, ils ne cliqueront pas »
  • Ce qu’une simulation mesure vraiment
  • La simulation qui blesse vs celle qui sert
  • Ce qui fait vraiment baisser le taux de clic
  • Questions fréquentes

« Mes employés sont formés, ils ne cliqueront pas »

Voilà la phrase que j’entends à presque chaque premier appel. On me la dit avec assurance, souvent. La simulation, elle, répond poliment : « pas si vite ».

Le mythe tient en une ligne : il suffirait de répéter aux gens « ne cliquez pas sur les liens douteux ». Si c’était aussi simple, on aurait réglé le problème il y a quinze ans et je ferais un autre métier. Vos employés ne sont ni distraits ni naïfs. L’hameçonnage, lui, a changé de ligue.

Le courriel piégé d’aujourd’hui arrive avec votre logo, le nom d’un vrai fournisseur, parfois une allusion à un dossier en cours. L’IA a même effacé le dernier indice qu’on avait : les fautes. Fini, les arnaques mal traduites truffées de coquilles. Un faux courriel bien monté est aussi propre qu’un vrai, parfois plus.

Ajoutez le minutage. Le message tombe pile au mauvais moment, imite une demande pressée de la direction, joue sur le réflexe de rendre service vite. Blâmer l’employé qui clique, dans ces conditions, revient à blâmer la serrure parce que quelqu’un a crocheté la porte. Ce n’est pas là qu’il faut mettre l’énergie.

Ce constat dépasse la simple impression de terrain. Au Canada, Statistique Canada place les arnaques et fraudes (50 % des incidents touchant les entreprises) et le vol d’identité (31 %) en tête des méthodes qui frappent les organisations. Derrière la plupart : un courriel, un clic. Rien de plus banal, rien de plus efficace.

Ce qu’une simulation mesure vraiment

Le principe est simple. On envoie un faux hameçonnage, totalement inoffensif, sans prévenir. On regarde ensuite : qui a cliqué, qui a tapé son mot de passe sur la fausse page, qui a signalé le courriel, qui l’a simplement ignoré.

Un piège guette ici : le pourcentage brut de clics n’est pas le trésor. Le vrai trésor se cache dessous.

D’abord, vous repérez où sont vos angles morts. Un service clique deux fois plus que les autres, la réception ou la comptabilité encaisse mal le test. Voilà où mettre l’effort en premier, sans deviner.

Ensuite, vous découvrez si le monde sait quoi faire après . Cliquer pose un problème. Ne pas savoir signaler en pose un plus gros. L’employé qui lève la main vite (« je pense que je me suis fait avoir ») transforme une menace en alerte précoce. Ça vaut de l’or, et ça se cultive.

Enfin, vous obtenez votre vrai point de départ . Tant qu’on n’a pas mesuré, « nos employés sont sensibilisés » reste une intention sympathique, pas un fait. Un ordre de grandeur, pour situer : à l’échelle mondiale, le taux d’échec moyen aux simulations d’hameçonnage tournait autour de 9,3 % en 2023, soit environ 1 personne sur 11 (Proofpoint, *State of the Phish* 2024). La simulation vous donne votre chiffre à vous, celui à partir duquel progresser.

En clair, une simulation ne sert pas à coincer les gens. Elle sert à voir clair. C’est un diagnostic, pas un examen surprise avec une note au tableau.

La simulation qui blesse vs celle qui sert

Une mise en garde s’impose : la même opération peut renforcer votre équipe ou saboter sa confiance. Tout se joue dans la manière. Voici deux versions de la même idée, aux résultats opposés :

La nuance a l’air minime; elle change tout. Une simulation vécue comme un piège apprend une seule chose à vos employés : se taire quand ils cliquent pour vrai, de peur de se faire disputer. Voilà l’inverse exact de ce qu’on cherche. Une simulation présentée comme un entraînement d’équipe installe le bon réflexe : dans le doute, je signale, personne ne me juge.

Ce qui fait vraiment baisser le taux de clic

Soyons honnêtes : la simulation, seule, ne protège personne. Ce qu’on en fait, voilà ce qui compte. Trois choses reviennent dans tous les mandats.

La formation annuelle ne tient pas.

Deux heures de module une fois par an, c’est oublié avant les feuilles à l’automne. Ce qui change les comportements est court et régulier : de petits rappels, des simulations espacées, quelque chose d’intégré au quotidien plutôt qu’un grand raout une fois l’an. Une compétence ressemble à un muscle : elle s’entretient ou elle fond.

L’apprentissage doit suivre le clic dans la seconde.

Le meilleur moment pour apprendre n’est pas trois semaines plus tard en réunion : il se situe juste après. Une bonne simulation redirige la personne qui a cliqué vers une page courte, qui explique sans faire la morale ce qui aurait dû allumer une lumière. L’erreur devient la leçon, sur-le-champ, et sans douleur.

La technique doitépauler l’humain, pas leremplacer.

Personne n’est parfait : ni vous, ni moi, ni Karim. La sensibilisation réduit le risque sans l’effacer. Un filet doit donc rester tendu en dessous : la double authentification (MFA) pour qu’un mot de passe volé ne suffise pas, un bon filtrage des courriels en amont, des accès limités au strict nécessaire. Nos 10 erreurs de cybersécurité les plus fréquentes couvrent le reste du décor.

Pourquoi insister autant sur ce premier clic ? Il forme souvent la première pièce d’un domino bien plus long. Un rançongiciel démarre exactement ainsi : un courriel, un clic, puis une balade discrète dans le réseau. Un test ponctuel constitue un bon premier pas. Un programme suivi dans le temps fait, lui, vraiment bouger l’aiguille.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’une simulation d’hameçonnage en entreprise ?

C’est l’envoi volontaire d’un faux courriel d’hameçonnage, inoffensif, à vos employés, pour mesurer combien cliquent et se servir de ce moment pour former. L’objectif n’est pas de piéger, mais d’obtenir un portrait réel de votre exposition et de bâtir un réflexe de vigilance.

Est-ce que ça démotive ou stresse les employés ?

Seulement si c’est mal fait. Présentée comme un piège, avec des réprimandes à la clé, la simulation crée de la méfiance. Présentée comme un entraînement d’équipe, avec une page d’explication correcte après un clic, elle produit l’inverse : les gens apprennent à signaler au lieu de se cacher.

À quelle fréquence faire des simulations ?

La répétition régulière bat le test unique. Un rythme récurrent et espacé permet de suivre la progression et d’entretenir la vigilance. Une formation annuelle isolée s’oublie en quelques mois.

Une simulation suffit-elle à protéger mon entreprise ?

Non. La sensibilisation réduit le risque sans l’éliminer. Elle doit s’accompagner de mesures techniques (double authentification, filtrage des courriels, accès limités) qui limitent les dégâts quand un clic passe quand même.

Pourquoi mes employés cliquent-ils alors qu’ils sont formés ?

L’hameçonnage moderne est tout simplement crédible : bons logos, aucune faute (merci l’IA), et des courriels conçus pour frapper aux moments d’inattention. Le souci ne vient pas de l’intelligence de vos employés, mais des conditions dans lesquelles ils reçoivent ces messages.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une simulation de phishing en entreprise ?

C'est l'envoi volontaire d'un faux courriel d'hameçonnage, inoffensif, à vos employés, pour mesurer combien cliquent et se servir de ce moment pour former. Le but n'est pas de piéger, mais d'obtenir un portrait réel de votre exposition et de bâtir un réflexe de vigilance.

Est-ce que ça démotive ou stresse les employés ?

Seulement si c'est mal fait. Présentée comme un piège, avec des réprimandes à la clé, la simulation crée de la méfiance. Présentée comme un entraînement d'équipe, avec une page d'explication correcte après un clic, elle fait l'inverse : les gens apprennent à signaler au lieu de se cacher.

À quelle fréquence faire des simulations ?

La répétition régulière bat le test unique. Un rythme récurrent et espacé permet de suivre la progression et d'entretenir la vigilance. Une formation annuelle isolée est largement oubliée en quelques mois.

Une simulation suffit-elle à protéger mon entreprise ?

Non. La sensibilisation réduit le risque sans l'éliminer. Elle doit s'accompagner de mesures techniques (double authentification, filtrage des courriels, accès limités) qui limitent les dégâts quand un clic passe quand même.

Pourquoi mes employés cliquent-ils alors qu'ils sont formés ?

Parce que l'hameçonnage moderne est crédible : bons logos, aucune faute (merci l'IA), et des courriels conçus pour frapper aux moments d'inattention. Le souci n'est pas l'intelligence de vos employés, mais les conditions dans lesquelles ils reçoivent ces messages. C'est pour ça que la mesure régulière vaut mieux que la simple consigne « ne cliquez pas ».

Sources
  1. Statistique Canada, « L'incidence du cybercrime sur les entreprises canadiennes, 2023 » - données canadiennes officielles (Enquête canadienne sur la cybersécurité et le cybercrime)
  2. Proofpoint, « State of the Phish 2024 » - taux de clic moyen sur courriel d'hameçonnage (~3,4 %), benchmark international
  3. Verizon, « Data Breach Investigations Report » (DBIR) 2025 - part de l'élément humain dans les brèches, benchmark international
Thématiques
simulation de phishing PMEhameçonnage employéssimulation hameçonnagesensibilisation cybersécurité PMEtaux de clic phishingformation employés cybersécurité
Rémi Douville
À propos de l’auteur
Rémi Douville
Président · RDCybersécurité inc.

Plus de 12 ans en cybersécurité.

PMP Maîtrise en Ingénierie Informatique spécialisation management de la cybersécurité

Vous voulez savoir où vous en êtes ?

20 minutes, sans engagement. On évalue votre situation ensemble.

Réserver un appel →